J'avais tellement envie que tu puisses voir qui j'étais, qui j'étais vraiment. Tu aurais su. Et je t'aurais tout donné. J'avais tant de choses à donner.
Je sais bien que tu m'oublies. Autour de toi, la vie n'a pas changé et absorbe sans remède mon souvenir. Mais moi, je ne t'oublie pas et je ne parviens pas à penser à autre chose. Le plus dur, bien sûr, c'est au réveil et au momnt de se coucher. Beaucoup de choses me reviennent alors. Mais pendant la journée également, il suffit d'un éclat de soleil, d'une note de musique, et j'ai devant les yeux de nombreux paysages qui t'appartiennent. Je me demande : es-tu à ta fenêtre, pendant que je te parle? Et tes yeux se perdant, te laisses-tu entraîner comme moi par quelques flottants morceaux de souvenirs? T'est-il arrivé, ces derniers temps, de verser des larmes que tu croyais sans raison, de sentir ton coeur empoigné par une inexplicable faiblesse? Est-ce que tu n'as pas cru défaillir, par instants, alors que tu pensais simplement rire ou lancer une plasanterie t que tes genoux ont commencé à trembler? Y a-t-il encore des mélodies que tu écoutes avec peine?
Tu n'as rien appris. Il n'y a plus qu'à attendre que les beaux jours reviennent, que tu puisses ôter l'étole de soie qui entourait ton visage, que tu puisses ouvrir grandes les fenêtres de ta maison, et tout ce qui reste de poussière de moi sera balayé avec la lumière de l'été.
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